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Les assurances complémentaires

Deux mondes, deux lois

Pourquoi il ne faut jamais confondre les deux

L’assurance de base relève de la LAMal, les complémentaires de la LCA. Les règles sont non seulement différentes : elles sont opposées.

En assurance de base, l’assureur doit vous accepter, quelles que soient votre santé et vos antécédents. Les prestations sont fixées par la loi et identiques partout. Changer d’assureur est donc sans risque.

En complémentaire, l’assureur peut refuser. Il peut demander un questionnaire de santé, exclure certaines affections, majorer votre prime ou décliner votre dossier. Les prestations sont définies par le contrat, elles varient d’un assureur à l’autre, et elles peuvent être modifiées dans les limites du contrat.

C’est de cette asymétrie que naît l’erreur la plus coûteuse du changement de caisse.

L’erreur à ne jamais commettre

Ne résiliez jamais une complémentaire avant d’avoir la confirmation écrite que le nouvel assureur vous accepte. Un refus après examen de santé n’a pas de retour en arrière : votre ancienne couverture est perdue, et la nouvelle n’existe pas. Cette erreur est irréparable, contrairement à tout ce qui touche à l’assurance de base.

Base et complémentaire, en regard

Assurance de base (LAMal)

  • Obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse
  • Prestations fixées par la loi, identiques chez tous les assureurs
  • Obligation d’admission : aucun refus possible
  • Aucune question de santé
  • Résiliation au 30 novembre, effet au 1er janvier

Complémentaires (LCA)

  • Facultatives
  • Prestations définies par le contrat, variables d’un assureur à l’autre
  • Refus, réserve ou majoration possibles
  • Questionnaire de santé fréquent
  • Délais de résiliation propres à chaque contrat

Ce que les complémentaires couvrent le plus souvent

  • Soins dentaires et orthodontie

    L’assurance de base ne les couvre que dans des cas limités prévus par la loi. C’est le premier motif de souscription.

  • Hospitalisation

    Chambre semi-privée ou privée, libre choix du médecin et de l’hôpital, y compris hors canton.

  • Soins à l’étranger

    L’assurance de base ne couvre l’urgence à l’étranger que dans une limite souvent insuffisante selon la destination.

  • Médecines complémentaires

    Au-delà des méthodes déjà prises en charge par l’assurance de base dans le cadre prévu par la loi.

  • Lunettes et lentilles

    Pour les adultes, l’assurance de base n’intervient qu’exceptionnellement.

  • Enfants à naître

    Souscrites avant la naissance, elles évitent l’examen de santé. Voir l’assurance prénatale.

Le facteur décisif

En complémentaire, le moment compte plus que le prix

C’est la différence fondamentale avec l’assurance de base, et elle est contre-intuitive.

En assurance de base, attendre ne coûte rien : l’assureur doit vous accepter, et vous pouvez changer chaque année. Le seul enjeu est le prix, et il se rattrape.

En complémentaire, attendre coûte le droit d’entrer. Chaque année qui passe ajoute des antécédents à votre dossier, durcit le questionnaire de santé et augmente la prime. Trois moments sont irréversibles :

  • Avant la naissance d’un enfant. Une couverture souscrite avant l’accouchement évite l’examen de santé du nouveau-né. Après, une particularité constatée à la naissance peut fermer l’accès à certaines couvertures, définitivement. Voir l’assurance prénatale.
  • Avant qu’un besoin dentaire soit constaté. Une fois l’indication d’orthodontie posée, le traitement est un fait connu : il est exclu ou soumis à un long délai. Voir l’assurance dentaire.
  • Tant qu’on est en bonne santé, pour l’hospitalisation. Une semi-privée souscrite à 30 ans n’a rien à voir avec la même souscrite à 55, ni en prime, ni en accessibilité. Voir la complémentaire hospitalisation.

C’est pourquoi la question « ai-je besoin d’une complémentaire ? » se pose avant d’en avoir besoin. Une fois le besoin apparu, la question ne se pose plus : la réponse est donnée par l’assureur.

Les postes, par ordre d’enjeu

Tous ne se valent pas. Deux méritent une décision réfléchie, les autres se traitent au cas par cas.

Faire le point sur base et complémentaires

Un conseiller vérifie ce que vous avez déjà, ce qui fait double emploi et ce qui manque réellement — avant toute démarche.

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Contenu vérifié et mis à jour le . Sources : Office fédéral de la santé publique, priminfo.admin.ch et organismes cantonaux.