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Subsides · · 5 min de lecture

Le subside vaudois et la règle des 10 %

Vaud ne se contente pas d’une limite de revenu : il énonce un objectif de taux d’effort. Cela change complètement la façon de vérifier son droit.

Un objectif de taux d’effort, pas seulement un plafond

La plupart des cantons romands décrivent leur aide par une limite de revenu : en dessous, un droit ; au-dessus, rien. Vaud fait les deux. Le canton publie des limites de revenu déterminant, et il énonce en plus un objectif explicite : limiter la charge des primes à environ 10 % du revenu déterminant du ménage (Office vaudois de l’assurance-maladie, conditions d’octroi).

Cette formulation change la manière de vérifier son droit. Un plafond de revenu se lit avec une seule donnée. Un taux d’effort en demande deux : votre revenu déterminant et le montant annuel des primes de votre ménage. Deux foyers au même revenu n’ont donc pas le même taux d’effort si l’un compte deux adultes et deux enfants et l’autre une personne seule.

Le dispositif vaudois a de ce fait deux portes d’entrée :

  • le subside ordinaire, accordé sous les limites de revenu déterminant fixées chaque année par un arrêté du Conseil d’État ;
  • le subside spécifique, une majoration prévue lorsque, subsides déduits, le taux d’effort dépasse encore 10 % du revenu déterminant.

C’est la seconde porte que presque personne ne connaît, et c’est elle qui explique pourquoi un ménage peut être aidé alors qu’il se croyait au-dessus des limites.

Le revenu déterminant vaudois n’est pas votre revenu imposable

Le canton part du revenu net de votre dernière décision de taxation définitive, puis il corrige. Les corrections publiées par l’État de Vaud pour 2026 vont dans les deux sens.

Ce qui est ajouté :

  • les rachats de prévoyance professionnelle au-delà de CHF 20'000.— ;
  • les cotisations au 3e pilier A ;
  • les frais d’entretien d’immeubles dépassant la déduction forfaitaire ;
  • la déduction fiscale des primes d’assurance maladie, réintégrée ;
  • 1/15e de la fortune — environ 6,7 % — au-delà de CHF 59'000.— pour une personne seule et de CHF 118'000.— pour un couple.

Ce qui est retranché :

  • des déductions forfaitaires de CHF 2'200.— pour un adulte, CHF 4'400.— pour un couple et CHF 1'300.— par enfant à charge ;
  • des déductions enfants de CHF 6'000.— pour le premier, CHF 13'000.— pour deux, puis CHF 7'000.— par enfant supplémentaire ;
  • une franchise de CHF 300'000.— sur le logement principal, dans la limite de sa valeur fiscale, et de CHF 100'000.— sur la fortune commerciale.

Le 3e pilier A illustre bien la mécanique. Il fait baisser votre revenu imposable, mais il est réintégré dans le revenu déterminant. Autrement dit, une optimisation fiscale réussie n’ouvre pas de droit au subside — et, symétriquement, ne le referme pas. La logique fiscale et la logique sociale ne poursuivent pas le même but.

Les limites de revenu déterminant, barème 2026

Limites fixées pour l’année 2026. L’arrêté suivant est en principe adopté début octobre : vérifiez les valeurs en vigueur avant de conclure quoi que ce soit pour 2027.
Repère du barèmeRevenu déterminantCe que cela signifie
1re limite intermédiaireCHF 24'200.—En dessous, le soutien est le plus élevé
2e limite intermédiaireCHF 55'000.—Seuil du subside minimum pour les situations concernées
Adulte de 26 ans et plus vivant seulCHF 40'000.—La 2e limite est ramenée à ce niveau

Arrêté du Conseil d’État vaudois du 17 décembre 2025 sur les subsides 2026, publié par l’État de Vaud.

Vérifier votre situation dans le bon ordre

  • Reprenez votre dernière décision de taxation définitive, pas votre fiche de salaire
  • Appliquez les ajouts et les déductions ci-dessus pour approcher votre revenu déterminant
  • Additionnez les primes annuelles de tout le ménage, enfants compris
  • Divisez les primes par le revenu déterminant : vous obtenez votre taux d’effort
  • Si ce taux approche ou dépasse 10 %, déposez une demande même si vous vous croyez trop haut
Le mois du dépôt décide de tout

Dans le canton de Vaud, le droit naît le premier jour du deuxième mois suivant le dépôt de la demande, sans effet rétroactif. Une demande déposée le 20 mai ouvre le droit au 1er juillet, et les mois précédents sont perdus. Seuls les bénéficiaires du revenu d’insertion et des prestations complémentaires AVS/AI échappent à cette règle. L’Office vaudois de l’assurance-maladie signale par ailleurs des délais de traitement plus longs que la normale : déposer tôt n’est pas une précaution, c’est le mécanisme.

Où déposer, et pourquoi tant de ménages renoncent

La demande se dépose auprès de l’Office vaudois de l’assurance-maladie (OVAM), à Lausanne, en ligne ou sur papier. Vous n’êtes pas obligé de le faire seul : les Agences d’assurances sociales communales et régionales aident au montage du dossier, sans frais. C’est le relais le plus utile si votre situation sort de l’ordinaire — activité à votre compte, séparation en cours, revenu irrégulier, fortune immobilière.

Trois raisons reviennent chez les ménages qui ne demandent rien, et aucune ne tient :

« Je gagne trop. » Le jugement porte presque toujours sur le salaire brut ou sur le revenu imposable, jamais sur le revenu déterminant, qui obéit à d’autres règles.

« On m’a refusé, il y a deux ans. » Les limites sont refixées chaque année et elles ont été relevées pour 2026. Un refus ancien est une information périmée.

« Je touche un subside, je ne peux pas changer de caisse. » Le subside est un droit cantonal attaché à votre situation, pas à votre assureur. Il suit le contrat. Rien ne vous empêche donc de changer d’assurance maladie ni de revoir votre franchise — les deux leviers s’additionnent au subside au lieu de s’y substituer.

Le reste des particularités du canton, dont la frontière entre les deux régions de primes, est traité sur la page assurance maladie du canton de Vaud.

Pour aller plus loin

Cet article approfondit un point précis. Le sujet complet est traité sur Le subside d’assurance maladie.

Questions fréquentes

Le taux de 10 % s’applique-t-il à mon salaire ?

Non. Il s’applique au revenu déterminant vaudois, qui se calcule à partir de la taxation mais avec ses propres corrections : réintégration du 3e pilier A, prise en compte d’une part de la fortune, déductions forfaitaires par adulte et par enfant. Deux ménages au même salaire brut peuvent avoir des revenus déterminants très différents.

Ma demande a été refusée l’an dernier. Faut-il redemander ?

Oui, si votre situation ou le barème ont bougé. Le renouvellement automatique ne concerne que les personnes déjà bénéficiaires. Les limites de revenu déterminant sont refixées chaque année par un arrêté du Conseil d’État, et elles ont été relevées pour 2026 : un refus antérieur ne dit rien de votre droit actuel.

Dois-je attendre l’arrêté d’octobre pour déposer ma demande ?

Non, et attendre coûte cher. Dans le canton de Vaud, le droit naît le premier jour du deuxième mois suivant le dépôt, sans effet rétroactif. Chaque mois d’attente est un mois sans réduction, même si les conditions étaient remplies depuis janvier.

Je quitte le canton de Vaud. Que devient mon subside ?

Il s’arrête avec votre domicile vaudois, et le canton d’arrivée applique ses propres règles, ses propres seuils et ses propres délais. C’est l’un des points à reprendre après un déménagement dans un autre canton.

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Un subside peut-il vous concerner ?

Un conseiller vous indique l’organisme compétent pour votre canton et ce qu’il faut préparer.

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